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Mercredi 17 janvier 2007

Toujours au bar de Nono, je cafe un petit coup avec mes deux amis de la section électrotechnique, en attendant l’heure fatidique…, celle où la journée sera belle ! Icelle de tous les dangers aussi...

Souvenez-vous, la section mécanique automobile massacre le baby-foot et les deux flippers dans l’antre de droite, puisque je suis assis pour voir l’entrée : je ne veux pas en perdre une miette. Le problème, c’est que je ne suis pas seul. Tous les lycéens qui ont une heure de permanence, en principe, une heure de caboulot en réalité, entre seize et dix-sept heures sont là. Avec les prolétaires de la SIMETEC, le bar affiche complet.

Dehors, quelques badauds ont, depuis des semaines, repéré le manège. Ils sont accoudés aux murs voisins et, mine de rien ou de crayon, guettent... On sait tous que le moment sera furtif et qu’il ne faut pas être distrait.

Depuis quelques minutes déjà, mes deux comparses sont absents et mon café refroidi… Le temps semble arrêté, on ne verrait pas les ventilateurs partir à l’aventure ! Même Nono et Madame Nono, retiennent leur souffle. Surtout Nono, car il me semble bien que Madame Nono regarde surtout son homme avec un air méchant et pitoyable, un peu comme nous tous. Mais Madame Nono a, elle aussi, le sens pratique : ne pas énerver Nono.

Et puis tout chavire, le porte-avions Clemenceau peut faire mille fois le tour du monde avec son amiante et nos impôts, rien, plus rien n’existe. Le bonheur est là, tout près, à quelques mètres. Il passe lentement, juponnant dans cet air pesant de la fin mai. Et comme il passe, il disparaît presque aussitôt, ondulant lentement dans nos cervelles de nos seize ans… Les quatre nymphettes de la section comptabilité du lycée ne nous ont pas même vus, leurs rires mesquins nous avaient mis en arrière plan…

Madame Nono, s’il vous plaît, car, même dans un état de décomposition, il ne faut pas énerver Nono, lui aussi décomposé et, surtout, Madame Nono, qui est vraiment très énervée… une vodka citron vert, une double, s’il vous plaît ! Après une telle déconvenue, quel dommage que l’alcool tue lentement…

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